Une vie entre les lignes…

C
omme les chats, Laurence a plusieurs vies.

Une vie en France, une au Québec, une en Suisse et les fragments d’autres, en Inde, au Tibet, à Séville… Partout des petits et grands bonheurs, partout des bouts de son cœur…

Il y a une vie pour danser, une pour chanter, une pour rêver, une pour de vrai et plein d’autres pour rire.

Il y a une vie pour aimer, surtout, des lieux, des femmes, des enfants, des hommes, vivants d’ici ou d’au-delà, des livres – beaucoup de livres! – et les chats, les chevaux, les hirondelles, et le petit peuple des invisibles, fées, lutins et farfadets… Ça fait des tas de vies, tout ça!

Il y a la vie de l’écriture… Journalisme d’abord, chroniques littéraires… De temps à autre ses mots à elle, couchés sur la page blanche… chant de l’âme quand elle accepte de se laisser saisir au vol… D’où quelques livres au passage : Récréations littéraires, portraits impertinents d’écrivains sur des dessins de l’ami Redon; Le Dalaï-Lama – Un certain sourire, conte biographique et poétique; Les Amants de Grenade, roman ivre des voluptés d’Al Andalus, sa terre de cœur; Le Silence guérit, enfin, né des rencontres rieuses avec Yolande Duran-Serrano, son inspiratrice d’alors.

Il y a la vie du Silence, la plus indicible bien sûr… Celle du tapis de yoga… Jean Klein, Eric Baret… depuis plus de quinze ans ces lumières sur le chemin…

Il y a toutes les autres vies, les palpitantes, les lamentables, les éteintes comme les ardentes, portées par l’étonnement d’être au monde… Toutes ces vies qu’elle partage avec ses sœurs, ses frères – l’humanité entière… Valse-hésitation de toute biographie… deuils, naissances, révolutions… et les émois, les désarrois… Se laisser toucher, résister, se donner puis se reprendre… amoureux jeu de cache-cache avec l’autre, avec soi, avec la vie…

De résistance en vertige, il arrive que les vouloirs cèdent, les barrages cèdent… Ne reste plus alors qu’un grand Silence… d’où jaillit, à chaque instant, la vie toujours neuve… Cette vie vécue par Laurence ou… par la Vie elle-même – qui sait ?

Et le yoga, dans tout ça ?

T
ouchée en 1994 par sa rencontre avec Jean Klein et la tradition non duelle qu’il incarne, Laurence Vidal découvre peu après le Yoga du Cachemire auprès d’Eric Baret. Elle ne cesse depuis d’explorer cet art du silence. Et l’enseigne à son tour depuis 2005, au Québec d’abord et, actuellement, en Suisse.